Uber 2025 : les chauffeurs restent libres. Libres d’être notés, tracés, déconnectés.

29/06/26

Cass. soc., 9 juill. 2025, n° 24-13.504 et 24-13.513

La requalification des chauffeurs Uber ?

On y croyait.

On y travaillait.

On s’appuyait sur la jurisprudence Take Eat Easy (2018), puis Uber (2020).

Et on se disait : « quand même, avec la géoloc, les notes, les refus de courses sanctionnés… y’a matière. »

𝗢𝗨𝗜…𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗡𝗢𝗡 …Le 9 juillet 2025, double arrêt, double rejet.

    Et un message :

      • Ce n’est pas parce qu’on vous trace, vous note, vous déconnecte et vous réinvite à bosser qu’on vous donne des ordres.
      • Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas libre que vous êtes subordonné.
      • Ce n’est pas parce qu’on vous impose le prix que vous n’êtes pas indépendant.
      • Ce n’est pas parce qu’on contrôle tout que vous ne contrôlez pas rien.

      Traduction :

      Le droit du travail n’a pas reculé. Il a juste été aspiré dans un vortex algorithmique parfaitement poli, parfaitement légal… et parfaitement verrouillé.

      La Cour s’aligne donc, calmement, sur les stratégies d’adaptation post-loi LOM.

      Uber n’a plus besoin de convaincre les chauffeurs : il a convaincu la chambre sociale.

      (« Comment t’expliquer que tu n’es pas salarié… alors que tu bosses comme si tu l’étais, mais en silence. »)

      Jurisprudence « en mode avion ».

      Plus de turbulences.

      Mais pas sûr qu’on arrive à bon port.

      Mathilde Mahaud, fondatrice de La Tri Logis
      Maître Nicole Ohayon

      Avocate au Barreau des Hauts-de-Seine